Exposition JUIN 2021

OPALE

Exposition en interne des résidents d’OPALE

La chambre de repos, 2021

installation de Claire Renier

Ici, les visiteurs de l’exposition sont invités à s’arrêter un moment, rêvasser, ou lire.

J’y viens régulièrement pour accueillir des visiteurs, faire « vivre » le lieu même si je ne suis pas là : cueillir de nouvelles fleurs, les arranger, changer la disposition d’un ou deux objets. 

Cette « installation » est réalisée à partir de matériaux existants, d’objets personnels et d’autres, trouvés pendant la préparation de l’exposition : une pierre, deux plantes, une Immortelle et une Queue de lapin, une applique posée au sol, des petites dalles hexagonales, avec lesquels on peut jouer, réaliser des constructions imaginaires…

On peut y lire aussi quelques lignes de la nouvelle de Robert Walser, La promenade ; récit d’une marche qui va durer une journée, traversée par les pensées de l’écrivain. 

En voici un extrait : 

« Tandis que j’allais mon chemin tel un voyou amélioré, un vagabond, maraudeur, fainéant ou chemineau plus raffiné, longeant toutes sortes de confortables jardins regorgeant de légumes satisfaits, longeant des fleurs et des parfums de fleurs, longeant des arbres fruitiers et des pieds de haricots couverts de haricots, longeant de hautes céréales épanouies telles qu’avoine, seigle, ou froment, longeant un entrepôt de bois avec du bois et de la sciure de bois, longeant de l’herbe grasse et le gracieux gazouillis de rigole, d’une rivière ou d’un ruisseau, côtoyant doucement et joliment toutes sortes de gens comme de gentilles marchandes vaquant à leur négoce, et passant tout aussi bien devant le siège d’une association gaiement pavoisé de joyeux drapeaux que devant mainte autre chose bienveillante et utile, devant un spécimen particulièrement beau de pommiers des fées et devant Dieu sait quoi encore, par exemple devant des fleurs de fraisiers ou, déjà mieux, gentiment devant des fraises mûres et rouges, tandis que toutes sortes de pensées m’agitaient fortement, parce qu’en promenade bien des idées soudaines, éclairs de lumière et illumination éclairantes, se produisent et s’introduisent spontanément afin qu’on les exploite et les élabore avec soin, voilà que vient à ma rencontre un être, un colosse et un monstre qui me cacha presque complètement de son ombre la rue ensoleillée, un type tout en hauteur et inquiétant que je ne connaissais que trop, un drôle de pistolet vraiment, j’ai nommé le géant Tomzack.»

Pages 40 et 41. 

Je m’intéresse depuis plusieurs années à la notion d’« habiter » et tente de mettre en pratique ce qu’on pourrait appeler une « esthétique de l’attention».

Photographies

Lanternes japonaises, 2021

            Le « Physalis » est une plante appelée couramment «Lanterne japonaise», « Cerise de terre », « Coqueret » ou encore « Amour en cage ». Il se nomme aussi« Physalis Alkékenge », qui date du XVIème siècle et dérive de l’arabe « al-kâkange ».

Cette plante m’interpelle : les fruits du calice sont toxiques (baies dans une cage rouge-orangé) tandis que les baies jaunes d’or dans une cage kaki clair-paille contiennent des baies comestibles. Les fruits sont beaux et appétissants mais sont en réalité dangereux, comme beaucoup de plantes sauvages. 

La morphologie et la dangerosité potentielle des végétaux m’intéressent.

La pratique du jardinage et la lecture m’ont permis de porter un autre regard sur les plantes. Elles ne sont pas destinées uniquement à la consommation de l’homme, elles ont leurs propres moyens de protection et de survie, comme les animaux. 

Février. Je tente de capter les effets de la lumière sur la branche, les deux « calices » séchés (enveloppes fines) du Physalis, les ombres produites.  

Les 4 photographies mettent en scène l’acte du toucher, thème que l’on retrouve dans les « Marches » où les personnes sont invitées à « improviser » par le mouvement avec l’environnement, les performances Sororal (Ateliers Babiole à Ivry en 2017) et Tout contre, imaginée en Ardèche en 2018

Au fil de la marche, COUR AVEC VUE, 7-8 décembre et 14-15 décembre 2019, Montreuil

Trois séries photographiques, prises dans la forêt, au bord de la mer, et sur le chemin quotidien dans la ville.

Sols Urbains

J’ai commencé cette série de « sols » tout d’abord en observant et en photographiant les sols que je découvrais sur le trajet qui me menait de mon domicile jusqu’au métro. Par jeu au départ, je me suis mise à en admirer les brèches, les failles, les textures, les couleurs. J’ai ensuite photographié ces fragments de sols de manière plus systématique, en essayant de garder le même cadrage, la même distance de l’appareil à la surface du sol. 

Chacun, vu individuellement, tend vers l’abstraction. Présentés en série, les « sols urbains » rappellent la scansion de la marche

Les souches

 Cette deuxième série de l’exposition réunit des photographies prises sur le « Sentier des Roches », dans le Parc Naturel Régional du Mont-Tremblant au Québec.

J’ai été éblouie par ces arbres qui, malgré le sol rocailleux, ont la force de grandir à même la roche, prenant appui sur des racines aux épaisseurs de troncs, se déliant parfois en volutes et arabesques.

Par ses racines, l’arbre tel que nous le connaissons, devient autre. Il est transfiguré. Il prend une allure fantasmagorique, en tout cas il acquiert une part d’animalité, ou anthropomorphique. Les lignes formées par les racines m’ont fascinée, comme celles de ces racines fichées dans le sol donnant l’impression que l’arbre entame une marche ou une danse. Avec leur volume, leur aspect sculptural, ces arbres semblent « nous regarder », pour reprendre l’expression chère à Georges Didi-Huberman.

 Algues-laminaires

 Cette troisième série rassemble des photographies de sols, prises sur une plage de l’île de Batz, en Bretagne Nord.

Au premier abord, il n’y a que le sable, immensément blanc qui recouvre la plage, si fin qu’il file entre les doigts. Et quand on prend le temps de regarder, d’explorer, on découvre ces algues-laminaires aux formes incroyables posées sur le sable après le passage de la marée. A partir d’elles, on peut se laisser aller à la rêverie, porté par le mouvement contenu en elles. Ma pratique de la danse contemporaine me conduit peut-être à avoir une attention particulière à ce type de formes.

 

 

 

Installation « L’enlèvement des cabines », Villiers-Le-Bois, juillet 2019

Exposition avec Marine Médal et Daniel Labat-Gest

 

 

 

 

 

L’art et la science unis face au changement climatique Institut Culturel du Mexique du 25.11 au 5.12 2015

Incidents of travel mirror in Mexico

 

Incidents of travel in Mexico, 2015
Dessins, mètres en bois, divers objets.

J’ai réalisé cette installation après une longue discussion avec Sergio Puente de Aguilar, scientifique, professeur, spécialiste de la Gestion des risques environnementaux à Mexico. Le travail de Sergio Puente de Aguilar s’appuie sur une analyse des risques dans la ville afin de mettre en place par la suite une politique de prévention. Avec l’installation Incidents of travel in Mexico, j’ai voulu proposer une œuvre à la fois sérieuse et en même temps distanciée avec une pointe d’humour, autour de la question de la « Gestion des risques ».
Les dessins dans la partie gauche de l’installation représentent un certain nombre d’événements tragiques ou de problèmes graves touchant Mexico : des bâtiments dévastés lors du tremblement de terre de 1985, l’explosion de la raffinerie San Juan Ixhuatepec en 1984, l’étalement des bidonvilles, le risque d’éruption du volcan Popocatepelt, la croissance exponentielle de la population…
Face à cette mosaïque de « risques », son « double » composé de vignettes noires lui répond comme en miroir. Dans cette seconde partie de l’installation, des « mètres » en bois animent les surfaces.
Les « mètres » disposés de manière différente sur les « vignettes » noires évoquent l’activité des scientifiques qui s’efforcent de « mesurer » et contrôler ces « risques. Une activité qui peut sembler de l’extérieur un peu dérisoire, face à l’ampleur des problèmes. J’ai voulu montrer aussi comment les problèmes de Mexico sont totalement liés, comment une gestion des risques doit prendre en compte l’imbrication des problèmes.
Le titre de l’installation renvoie au titre des deux volumes Incidents of travel in Central America, Chiapas and Yucatan de l’explorateur américain John Lloyd Stephens à la fin du XIXème siècle, écrits après ses expéditions au Mexique et en Amérique Centrale. Ces livres relatent les découvertes archéologiques et l’exploration de J. L. Stephens des villes en ruine, les monuments et les temples et furent illustrés par le britannique Frederick Catherwood, qui l’accompagna.
J’ai voulu dans lncidents of travel in Mexico, faire un clin d’œil à la fois à ces livres mais aussi à Robert Smithson, artiste américain des années soixante-dix, qui réalisa l’œuvre Incidents of travel mirror in the Yucatan en 1969, en disposant des miroirs dans le paysage du Yucatan.

Par les soirs bleus

Par les soirs bleus exposition du 9 mars au 9 avril